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Emboucaner
:" L'emboucanement est un acte malveillant à connotation de sorcellerie
qui consiste à utiliser un boucan, constitué d'ingrédients
mystérieux et magiques. Le boucan est introduit en cachette dans la
nourriture ou la boisson de celui que l'on veut emboucaner. L'emboucanement
est réputé entraîner des troubles graves de santé
allant jusqu'à la mort après un long déclin (amaigrissement,
anorexie.) De nombreuses histoires de boucans circulent en brousse. Certains
broussards européens et surtout mélanésiens sont réputés
connaître des boucans fatals que seuls d'autres actes magiques peuvent
guérir. L'emboucaneur peut être alors piégé à
son propre boucan. " Extraits du dictionnaire : Le parler Néo-Calédonien
du 19 ème siècle, Editions du Kanak emboucané . Fatche
de, ça fait froid dans le dos.
Embouligue : Deux significations, qui n'ont rien à voir
entre elles : à vous de choisir.
1) L'embouligue se trouve en plein milieu du bédélet. C'est
vrai, cette définition risque de susciter l'incompréhension
auprès de nos amis du Morbihan, mais bon, vivons dangereusement.
2) " L'embouligue est classiquement caractérisée par la
migration d'un composant anormal (embole) lancé dans le flux circulatoire
qui va oblitérer une artère plus ou moins importante, entraînant
l'interruption de la circulation sanguine en aval et par là-même
des lésions des tissus qui vont être le théâtre
d'une anoxie irréversible. L' embouligue pulmonaire est responsable
d'un infarcissement du parenchyme respiratoire avec pour conséquences
majeures cyanose, dyspnée et hémoptysie. Par la suite, le thrombus
responsable de l'embouligue peut se lyser spontanément sous l'action
d'enzymes fibrinolytiques endogènes, ou s'organiser avec endothélisation
et fibrose. Des lésions oblitérantes diffuses du réseau
artériolaire respiratoire peuvent ainsi se créer, et être
responsables d'une hypertension artérielle pulmonaire génératrice
de dilatation des cavités cardiaques droites, voire dans les cas les
plus graves d'un collapsus cardiovasculaire de pronostic fatal. " (Max
Pennachiotti, La Chirurgie Cardiaque après cinq pastis, tome IV).
Emmasqué : du provençal masco : sorcière. Envoûté, ensorcelé, genre un peu encatané sur les bords, peut-être même emboucané par une sartan.
Empéguer : Du provençal empega ou pega. Voir pégueux.
Ce vocable aux ressources inépuisables recèle plusieurs sens
dans le parler populaire. Ainsi, celui qui roule empégué aura
toutes les chances de se faire empéguer par les condés. (Ceux
qui n'ont rien compris n'ont qu'à aller se faire expliquer par qui
ils veulent.)
Empouraque : Lointain voisin d'" emboucané ".
Selon certains puristes, le sens de ce terme peu usité se rapprocherait
plutôt d'"engambi " que d'"engatse ". Mais ceci
est une autre histoire
Le ouaï pourrait être son lointain
voisin sémantique, mais peut-être pas du tout, on sait jamais.
Encaper : Du provençal encapa. Synonyme d' " aguinter
", ou " aganter ". On attrape une blennorragie, mais on s'encape
la castapiane, question de choix.
Encatané : Pour rester simple, sorte d'enfoiré maudit
de la pire espèce. Voir emmasqué.
Endoume : Ce riant quartier marseillais participe à la
formule bien connue des personnes excédées : " Eh, va caguer
à Endoume ! ". Les jours où Endoume est saturé,
ceux qui cherchent à se distinguer à tout prix peuvent se consoler
en allant caguer à la vigne (expression similaire). Certains arrivent
même à conjuguer les deux, voir ci-dessous.
Enfangué : Littéralement, " Plongé
dans la fange". Enfanguer de ses différentes sécrétions
corporelles les cabèches d'une personne avec laquelle vous n'êtes
pas intime risque de vous faire marquer mal. Ce n'est pas conseillé.
Variante (à peine) plus classieuse : embarnisser.
Engambi : Complication méridionale. Comme évidemment
tout est plus beau, plus grand et plus extrême de par chez nous, l'engambi
est une complication beaucoup plus compliquée que l'embrouille ou le
simple problème entre autres gens de l'hexagone. Avec un peu de bonne
volonté, un engambi en question va inévitablement dériver
vers l'engatse, et alors là, tous les espoirs sont permis, la filade
n'est pas loin
Enquestre : Avarie, ravan, aouvali. Genre de truc indéterminé
bien encombrant et bien naze à mettre de préférence sur
le rebord de la cheminée pour faire chier le monde. " Oh Josiane
! Mais quèsseucé encore cet enquestre que t'y as empégué
devant la télé ? Comment je fais pour voir le match maintenant
?
-Si tu touches à ma statue grandeur nature de Mike Brant en plâtre,
je t'estramasse ! T'y as compris ? "
(La vie de couple est un combat permanent
)

Ci-dessus, un magnifique enquestre à mettre sur sa cheminée, vu en perspective et en coupe.
Enraguer : Se dit du pêcheur quand il accroche son hameçon
dans un trou de rocher, et qu'il arrive plus à se dépéguer
de là. " Se désenraguer sans casser le fil nécessite
une grande maîtrise de soi, et une parfaite connaissance du milieu marin:
seuls les Seigneurs y parviennent. Pour ma part, j'y parviens à chaque
fois." ( Commandant Cousteau, La pêche à la ligne en 810
leçons - tome XXVII, Editions François Beauval.)
Entressen : Charmant oasis de volupté au beau milieu
de la Crau, sanctuaire écologique pour rats, chiens-bordilles et gabians,
accessoirement décharge à ciel ouvert de votre Cité Phocéenne
préférée. Le jeu de mots facile concernant la "
décharge d'entre-seins " ne sera pas évoqué ici,
pour des raisons de décence évidentes. On n'est pas chez Rocco
Siffredi.
Escagasser
: Voir rouinter.
Escaner : Voir bouger, c'est pareil.
Espaloufi : Vaguement estransiné, mais avec une connotation plus flagada. " A trop se séguer, on a les alibofis espaloufies " (Dicton du Vatican).
Espincher
: Scruter subrepticement, mater en loucedé, reluquer en tapinois. S'applique
volontiers aux appâts charnels et autres tafanaris. Ami refoulé,
prend garde à l'engrenage fatal : on commence par espincher, on finit
en chaspeur.
Espouti : Un peu espaloufi, mais pas trop quand même.
Esque : Ver de vase utilisé communément comme appât pour la pêche. Si vous voulez vraiment faire le mariole au comptoir devant les collègues, parlez de dure, de demi-dure, de bibi, de piade, de mouron, de mouredu (Leodice provincialis). Traiter un macho de " vier d'esque " est généralement mal vécu par la personne susvisée. " Tronche d'esque " passera mieux.
Esquicher : Point n'est nécessaire d'être étymologiste émérite pour constater que le vieux verbe provençal esquicher a donné naissance à " squeezer ", fruit d'un franglais fleurant bon (?) le high-tech. (On a squeezé le passage par le français, y'a pas de raisons de bouder notre plaisir. ) Cerise sur le gâteau, il est plaisant de remarquer qu'esquicher libère vraiment toute sa puissance musicale quand il est employé à l'imparfait du subjonctif. Ahhhh ! Déclamer avec lyrisme et enthousiasme " que nous esquichassions, que vous esquichassiez, qu'ils esquichassent ", la bouche pleine de pois chiches brûlants devant un parterre hystérique et chauffé à blanc de ménagères ménopausées en furie ! (Bon, je m'égare )

Estanquer
: Certains pourraient penser que c'est genre comme tanquer (planter), mais
en un peu plus fort. Ou ils font fausse route, ou ils se trompent. Ou les
deux, d'ailleurs. Ce terme porte en lui-même les germes d'une ambivalence
dont l'ambiguïté peut laisser perplexe le plus aguerri des chantres
d'une certitude marquée au sceau du cartésianisme le plus agraire.
On peut dire aussi : " Si t'y avais vu la gueule des collègues
du bar quand je me suis pointé dans mon string en cuir clouté
à l'heure de l'apéro ! Ma parole, y z'étaient tous estanqués
! " Ici, ce terme marque un étonnement non feint. (Il ne vous
est cependant pas conseillé de vous pointer dans un tel accoutrement
dans un bar de l'Estaque. Vous pouvez avoir des problèmes).
On peut employer " estanquer " dans le sens de " s'esprofonder,
se reléguer, se rouinter " : " Oh, putain, Samedi, j'étais
trop de niasque, j'ai passé par-dessus le parapet de la Corniche aque
le Ciao, je te dis pas comme je me suis estanqué la tronche ! ".
Estouffer (s') : Du provençal estoufa. Estouffe-gàrri, comme certains chichi frégis à base de ciment à prise rapide. En vente chez tous les bons détaillants de farces et attrapes.
Estoufaga : Locution faussement provençale. Littéralement : " étouffé ". " Allez, ça, c'est estoufaga " semble vouloir indiquer la même chose que : " Ouais, tu vois, ce truc bougé, je l'ai eu à ouf ! ". Sachez que ce ne sont pas vraiment des phrases à brailler par la portière de la bagnole à votre collègue juste au moment où vous passez devant l'Hôtel de Police. Enfin, c'est vous qui voyez.
Estoumagade : Encore un terme médical tombé en désuétude ! Flash d'adrénaline qui vous estanque le plexus solaire, généralement provoqué par une émotion forte. Ceux qui se sont déjà pris une estoumagade n'ont qu'à expliquer aux autres. A noter qu'il est très difficile de se choper une quelconque estoumagade avec un 45 tours d'Hervé Vilard. A moins de le fumer.
Estrànsi : L'estransi marque un état mental situé quelque part entre l'anxiété et le désarroi. On en devient fatalement estransiné. A ce stade, les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO) vous seront d'un meilleur secours que les agonistes dopaminergiques, mais ceci risquerait de nous entraîner trop loin, on va donc en rester là.
Estransiné : Ramolli par l'émoi, rabougri par le trouble, rendu déliquescent par l'émotion (voir espaloufi).
Estrasse : Vieux chiffon tout pourri, limite rasqueux. Une estrasse désigne une personne avachie physiquement, flasque intellectuellement, ou les deux, et/ou inversement. On peut s'estrasser de rire concomitamment à overdose de rigolage. Mèfi aux anévrismes.
Estron
: Moulage interne de l'ampoule rectale. Avouez qu'il est délicat de
sortir une description de ce résidu intestinal généralement
tubulaire et brunâtre sans tomber dans le déjà-vu.
...Le reste de l'alphabet se trouve dans le livre. Très beau, pas cher, en vente partout!
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