Dache : De l'arabe " aller au diable " (haddache) Aller à Dache, c'est un peu comme essayer d'aller au cul du loup. Autrement dit, Dache, c'est très très très loin, juste un peu moins qu'en galère, mais jamais aussi loin que Pincou, faut pas déconner. Si on arrive à extrapoler des juxtapositions au niveau de différents continuums spatio-temporels narratifs, il est envisageable d'affirmer sans coup férir que dache est l'équivalent de l'an pèbre, mais dans un plan de réalité différent. (Faites un effort, merde !)


Débonze : D'équerre, détronché, fracas. Etat crépusculaire de la conscience, parfois paranoïde, voire catatonique, ( débonze rime presque avec défonce, c'est pas pour rien). Lucidité mise à mal comparable à la niasquade, mais avec d'autres substances psycho-actives. " Niasquade au litron, débonze au chichon. " (Michèle Torr, " De l'antériorité de la Pensée par rapport à la Matière, ou Comment l'enseignement de Démosthène a changé ma vie ", France-Dimanche n°13712)

Décamer : Ce vocable baroque et borderline quelque peu tombé en désuétude était employé pour qualifier une expulsion séminale de décame, ce qui d'ailleurs ne manque pas d'arriver dès lors que le chimbre est gansaillé avec suffisamment d'insistance.

Dégun : Personne, absence de quelqu'un. Donne une idée du vide sidéral. " Ma foi, y z'ont dégun en attaque, cette année, le PSG ! " . Nous ne résistons pas au plaisir de vous fournir un deuxième exemple : " Ma foi, y z'ont dégun non plus en défense, cette année, le PSG ! ".

Dégaine : Sachez qu'on n'est jamais trop dégaine, surtout quand on se la joue à la one again.

Déparler : A trop se laisser emporter par son verbe, le Marseillais finit parfois par déparler, c'est-à-dire dire n'importe quoi.


Dépéguer :
Vous connaissez " péguer " ? Bon, eh bien " dépéguer ", c'est le contraire. Vous ne connaissez pas " péguer " ? Alors, on peut rien pour vous.

Destrùssi : Se dit souvent d'une main de pàti qui force la dose. Le destrùssi n'a rien à envier au brancaï, surtout les yeux bandés dans un magasin de porcelaine.

Détronché : Il est à remarquer qu'on n'est jamais un peu, ou légèrement détronché. Le détronchage est une notion qui ne s'utilise qu'à fond : " Oh et lui, non ? Mais il est complètement détronché çui-là ! Y va me dégueuler sur le capot de la BM !.. Ho blond ! Va vomir ailleurs !".

Dévarié : Que ce soit dans l'ordre alphabétique ou dans la gradation de l'atteinte cérébrale, éternel Poulidor des totis, le dévarié se situe juste en-dessous du détronché dans l'échelle de la connerie. Mais rien n'est jamais perdu : si tel est son but ultime, avec une bonne dose d'efforts et de persévérance, le dévarié pourra un jour caresser le rêve d'accéder enfin au statut de détronché.

Dufi : Le pain béni des carrossiers : le dufi caractérise la légère ecchymose déposée sur la tôle avec amour par le Ciao ou le Booster qui zigzague avec nonchalance entre les véhicules ayant eu la mauvaise idée de s'arrêter au feu rouge.


...Le reste de l'alphabet se trouve dans le livre. Très beau, pas cher, en vente partout!

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Le parler gras - Glossaire marseillais iconoclaste - Copyright JM Valladier / Peb & Fox - Le Fioupélan Editions - 2006 - Reproduction interdite.